December 01, 2022

Essai Aiways U5 – pari gagnant ?

Le Aiways U5 c’est ce SUV électrique chinois qui a pas mal fait parler de lui il y a quelques mois. Il s’agit de l’un des premiers SUV 100% électriques chinois qui a débarqué sous nos latitudes avec un parti pris original : une batterie de plus faible capacité mais moins lourde pour être plus efficient, le tout dans un SUV à prix canon !

On a fait le test !

Design

Avec 4,68 m de long, 1,87 m de large et 1,70 m de haut, l’U5 est un SUV compact qui affiche un beau gabarit.

Son profil est plutôt classique. Peu d’originalité hormis éventuellement les poignées encastrées dans la portière, mais une silhouette assez intemporelle.

A l’arrière, on retrouve de fortes similitudes avec le Mitsubishi Outlander selon moi. La marque s’affiche en toutes lettres juste en dessous d’un bandeau lumineux qui souligne la largeur du véhicule.

C’est à l’avant que l’identité stylistique s’affirme véritablement. Le logo prend place au centre d’une calandre pleine. Les feux très anguleux et effilés remontent sur les côtés du capot. Et en-dessous de ces feux, on trouve deux entrées d’air factice : celle de gauche est en fait une trappe qui permet d’accéder à la prise de recharge du véhicule. Je n’ai pas vérifier, mais je suis quasiment certain que cet emplacement de la prise permet au Aiways U5 de se recharger sur les Superchargeurs Tesla.

Sans être un pur chef d’œuvre esthétique, le Aiways U5 affiche une silhouette intemporelle et agréable.

Ambiance à bord et infodivertissement

Il y a beaucoup à dire et à voir sur le Aiways U5 lorsque l’on monte à bord. Tout d’abord, l’intérieur va balayer d’un revers de main tout vos préjugés sur les qualités de finitions à la chinoise. Certes les assemblages et ajustement ne sont pas aussi précis que chez les constructeurs généralistes européens. Un Citroën C5 Aircross par exemple sera évidemment plus . Mais il faut reconnaitre que les matériaux sont tout à fait aux standards européens. Quant à la qualité de la finition et des assemblages ça reste très correct.

A l’avant, conducteur et passager sont très confortablement installés dans des fauteuils plutôt larges et offrant un bon maintien latéral. A l’arrière, c’est la première classe ! L’espace aux jambes est gigantesque. L’espace aux coudes est également très bon, et l’absence de tunnel central permet d’accueillir un troisième passager sur la banquette sans souci. En revanche, les énormes appuis-têtes avant occultent considérablement le champ de vision des passagers arrière. Heureusement, grâce au gigantesque toit ouvrant panoramique disponible sur la finition « premium », l’habitacle est baigné de lumière ce qui renforce l’impression d’espace à l’arrière.

En revanche, avec seulement 432 litres de volume de coffre (soit environ le coffre d’une Peugeot 308), les prétentions familiales sont quelques peu bridées.

L’ergonomie est globalement bonne, surtout grâce à un petit pavé tactile situé devant la molette de vitesse, en dessous de l’écran central, qui permet d’avoir accès en permanence aux commandes de climatisation. Pratique.

Face au conducteur, on trouve un triptyque d’écran bien pensé. La partie de droite permet d’afficher toutes les infos relatives à la consommation et au statut du véhicule. Au centre les infos de conduite (vitesse, autonomie, aides à la conduite activées…). Et à droite, tout ce qui est musique (radio, podcasts, …).

L’infodivertissement se pilote depuis une tablette centrale de 12,3 pouces (de série sur tous les niveaux de finition). A ce propos, l’info-divertissement du U5 nous a posé quelques problèmes.

En effet, Aiways a fait le choix de ne pas implémenter de navigation dans son système multimédia. D’autres le font aussi. En revanche, Aiways a aussi fait le choix de ne pas implémenter Android Auto.

Si vous possédez un iPhone, tout devrait bien se passer grâce à la présence d’Apple Car Play. En revanche, si vous avez un smartphone sous Android, c’est le début de la galère car il vous faudra utiliser « Easy Connection ». Et ce logiciel n’a rien de convivial. Pour pouvoir se connecter à la voiture, il nécessite l’installation sur votre smartphone d’une appli qui vous demande des accès à bien plus qu’il n’en faut . Une fois connecté au U5, on se rend compte qu’il s’agit d’un système de réplication de l’écran du smartphone sur la tablette du U5 avec tout ce que ça suppose comme inconvénient. Exemple, si votre smartphone bouge un peu (virage, ralentisseur), cela provoque une rotation de ce qui apparaît sur l’écran central. La navigation devient alors presque illisible. Agaçant.

Par ailleurs, pour le reste de l’infodivertissement, il va parfois falloir faire un petit effort d’imagination pour comprendre ce qui s’apparente à des erreurs de traduction. Exemple, si vous voulez ouvrir le toit ouvrant, il vous faudra presser « allumer », et « éteindre » pour le fermer. Pas très sérieux.

Pour le reste, le système se montre fluide mais peu ergonomique : les rubriques sont pas très explicites, donc il faut parfois naviguer dans les menus pour trouver ce que l’on cherche.

Conduite et motorisation

C’est clairement sur ce point que l’on attendait le Aiways U5 !

Aiways a fait le choix d’embarquer dans son U5 une batterie de 63 kWh utile afin de contenir le poids. Objectif atteint car le U5 affiche 1770 kg pour la finition Premium (1720 kg pour la finition Standard).

Et grâce à ce poids contenu, Aiways promet un U5 très efficient. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Sur notre trajet test de 399 km sur autoroute, il nous a fallu 2 arrêts pour recharger car à 130 km/h, la consommation est de 26,8 kWh/100 km. Oh le gourmand ! Résultat : avec 2 adultes, 2 enfants, les bagages, pas de vent et une température extérieure de 5 à 7 °C, l’autonomie réelle sur autoroute est de 200 km.

Et comme le U5 ne peut recharger qu’à 90 kW, les charges augmentent significativement le temps de trajet.

Pour être factuels, avec les mêmes conditions météo et de trafic, nous avons fait ce trajet :

Les temps de charge du U5 augmentent les temps de trajet mais aussi la facture ! Car sur autoroute, les bornes rapides sont très majoritairement des Ionity. Or, sur ces bornes la facturation est à la minute (et pas au kilowatt).

Résultat : 56,61 € de recharge pour 400 km sur autoroute, soit environ 10€ de moins qu’avec un SUV essence de même gabarit roulant au SP95E10 (à 1,720€/litre).

A vous de juger.

Concernant la conduite, elle se montre correcte … malgré une direction un peu floue et à condition de n’utiliser aucune aide à la conduite. La conduite semi-autonome de niveau 2 vous fera faire le ping-pong entre les deux lignes de votre voie. Et le régulateur de vitesse auto-adaptatif se met à freiner à la moindre courbe, ce qui peut surprendre les automobilistes qui vous suivent.

Pour le reste, le niveau d’insonorisation est satisfaisant : les bruits d’air sont bien filtrés et il n’y a pas de bruit de mobilier dans l’habitacle. Et à condition d’adopter une conduite zen, le U5 est bien suspendu : les mouvements de caisse sont bien contenus et la prise de roulis est faible.

En terme de performance, le U5 effectue le 0 à 100 km/h en 7,5 secondes. Ce n’est pas donc pas un pur sang, mais après tout, ce n’est pas ce qu’on lui demande.

ON AIME

  • le rapport prestation/prix
  • la dotation de série
  • la qualité des matériaux
  • l’habitabilité avant et arrière

ON REGRETTE

  • l’infodivertissement (et surtout l’absence d’Android Auto)
  • le volume de coffre
  • les aides à la conduite
Avec une capacité de recharge à 90 kW, les charges sur bornes Ionity sont salées – Aiways U5 ®Autoday
Modèle essayé

AIWAYS U5 2021 Premium (63 kWh net)

42 400 € TTC (hors bonus et aides gouvernementales) + option black roof 830€

Concurrence :
  • MG Marvel R (70 kWh), pour le côté SUV chinois à la puissance et au tarif équivalent : à partir de 38.990€
  • Tesla Model 3 Propulsion (SR+) : 43 800 € hors option
  • Kia e-Niro 204 ch (64 kWh) : à partir de 41 100 € hors option

Laisser un commentaire