May 25, 2020

Essai Nouvelle Audi S4 – le diesel façon performance

Agilité, efficience et performance. Ne cherchez pas l’intrus, il n’y en a pas ! La nouvelle Audi S4 réussit à associer ces 3 qualités. Comment ? Un indice : diesel. Car, oui, la marque aux anneaux sait y faire en matière de diesel athlétique.

Vous ne me croyez pas ? Alors regardez un peu dans le rétroviseur et souvenez-vous de l’année 2006. Cette année, aux 24h du Mans, la marque aux anneaux engage (via l’écurie Joest Racing) deux Audi R10 équipées d’un V12 TDI. Un tour de cadran plus tard les deux R10 arrivent en tête et signe un doublé historique. L’année suivante, en 2007, Audi aligne trois R10 diesel et remporte une nouvelle victoire devant … ah tiens des Peugeot 908 équipées de moteur diesel aussi. Et en 2010, les trois Audi R10 diesel finissent devant les trois Peugeot 908 diesel. Les six premières places sont occupées par six diesel.

 

Cette parenthèse historique permettra de mettre tout le monde d’accord sur le fait qu’un diesel peut être associé à la performance et que Audi en sait quelque chose.

 

Maintenant, que faut-il penser de cette nouvelle Audi S4 ?

 

Design

Cette nouvelle Audi S4 s’inspire très largement de la dernière Audi A4 révélée en mai 2019. L’allure générale est à la fois dynamique et sophistiquée.

Dynamique car la calandre Singleframe est plus large. Contrairement à l’A4, la calandre de la S4 est en nid d’abeille incrusté d’inserts en chrome. C’est à la fois très élégant et très sportif.  A l’arrière on retrouve ce même travail sur l’horizontalité des lignes : une large barre de chrome située très en bas de la carrosserie enserre les 4 sorties d’échappement et souligne le large diffuseur arrière. Sur le profil on note un travail particulier au-dessus des ailes ce qui confère du muscle à la silhouette. Et c’est aussi en l’admirant de profil que l’on remarquera les étriers de freins à 6 pistons (en rouge en option) situés en périphérie des disques de 400 mm à l’avant et 350 mm à l’arrière.

Quant à la sophistication, elle s’exprime essentiellement par la signature lumineuse. A l’avant comme à l’arrière, on retrouve la signature lumineuse nocturne et diurne caractéristique des nouvelles Audi.

L’ensemble se veut très sobre mais ça respire l’efficacité et la sportivité. Cette sportivité discrète, sans exubérance mais qui fait tout de même tourner les têtes.

 

 

Ambiance à bord et infodivertissement

La qualité d’assemblage et de finition des Audi est une référence. La nouvelle Audi S4 ne trahit pas la réputation d’excellence de la marque allemande. Appliques effet aluminium, surpiqûres contrastantes, détails d’équipements spécifiques aux modèles S, repose-pied et pédales en acier inox, sièges sport en cuir Alcantara avec embossage S et bandes aluminium illuminées qui accueillent le conducteur lorsqu’il entre dans le véhicule. Nous avons été agréablement surpris par la dotation de série.

Le confort aussi est très surprenant. Malgré sa vocation et ses aptitudes sportives, le travail sur l’amortissement et l’insonorisation fait de cette Audi S4 une machine idéale pour avaler les kilomètres. A noter également l’excellent maintien des fauteuils puisque les éléments latéraux peuvent être adaptées à votre morphologie.

Concernant la dotation technologique, rien à dire non plus. Le nouveau système MMI offre une expérience utilisateur très proche de celle d’un smartphone haut de gamme sur un écran de 7 pouces. Pas de latence, c’est très fluide, très réactif et la définition est impeccable. En revanche, la commande vocale cafouille un peu : pour les commandes simples concernant les véhicules, pas de problèmes. En revanche, pour la navigation, hormis pour les adresses dans Paris, j’ai préféré le faire au doigt plutôt qu’à la voix.

Derrière le volant, le désormais fameux virtual cockpit prend place dans un écran de 12,3 pouces full HD personnalisable. Et, joie, un affichage tête haute couleur (et lui aussi de très bonne résolution) projette les informations importantes directement dans le champ de vision du conducteur.

 

 

Conduite et motorisation

Et c’est le chapitre le plus important de cet essai. Je préfère vous prévenir, je reconnais que je ne vais pas être très objectif. Car le simple fait qu’un constructeur automobile est l’audace de continuer de proposer des motorisations diesel aujourd’hui est, selon moi, louable. Et quand en plus ces motorisations sont à ce point performantes alors l’audace devient salutaire !

On commence par les chiffres : V6 TDI de 3 litres qui développe 347 ch et 700 Nm de couple.

Mais au-delà des chiffres, tout le moteur est pensé pour la performance : les pistons qui présentent une nouvelle géométrie, sont fabriqués dans une matière aluminium spécifique pour accroitre sa résistance à la chaleur. Les bielles et le vilebrequin ont été adaptés. Et l’efficience de la pompe à huile a été augmenté. Il faut dire que ce moteur doit supporter des contraintes extrêmes : jusqu’à 205 bars de pression d’allumage par exemple.

Et que dire du l’énorme turbocompresseur qui développe une pression de suralimentation pouvant atteindre 2,4 bars et pousser jusqu’à 1100 kg d’air par heure. C’est tout simplement colossal.

Pour atteindre de telles performance, ce turbocompresseur peut compter sur un très bon copain : le compresseur électrique. Car ce que je ne vous avais pas encore dit, c’est que cette Audi S4 abrite une hybridation légère (MHEV, mild-hybrid electric vehicle) de 48 volts. Pour faire simple, ce compresseur électrique fournit l’air dont le moteur a besoin pour la combustion. Ainsi le TDI produit instantanément plus de puissance et de couple et donc suffisamment de gaz d’échappement pour alimenter le turbocompresseur. Au volant, le ressenti est bluffant : peu importe le régime moteur, le turbocompresseur est toujours disponible et sans latence. La réponse de le pédale de droite est ultra-rapide et l’accélération puissante. Cumulée à la transmission intégrale quattro et à la rigidité du châssis, on semble être comme sur des rails. La tenue de route est excellente et les mouvements de caisse très contenus.

Ce système MHEV est aussi très utile pour les économies de carburant. Comme tous les systèmes hybrides, il récupère l’énergie au freinage et à la décélération. Mais il est aussi connecté au système de capteurs de l’Audi S4. Ceci permet d’avoir une récupération prédictive de l’énergie. Par exemple, si un véhicule devant freine, le capteur de radar du système « Audi pre sense » de série détecte la situation et le système de gestion intelligente de la conduite sélectionne de façon indépendante le mode économie de carburant ou le mode récupération. Au résultat, Audi annonce une économie de carburant de 0,4 l/ 100 km en conditions de conduite réelle. Sur les 600 km de notre essai, au cours duquel je confesse avoir titiller les capacités du moteur, la consommation moyenne était de 6,4 l/ 100 km.

 

 

Modèle essayé

Audi S4 Berline quattro TDI tiptronic

Prix de base = 75 500 € TTC

Prix avec option = 85 810 € TTC

 

On aime

  • le moteur, encore le moteur, toujours le moteur
  • l’agrément de conduite
  • la sobriété
  • le confort
  • la techno embarquée
  • la dotation de série (je n’aurais jamais pensé écrire ça d’une Audi)
  • le volume du coffre

 

On regrette

  • le tarif des options et le tarif tout court
  • de devoir la rendre

 

La nouvelle Audi S4 sur le banc

"Qui ose gagne" : cette devise militaire est tout à fait adaptée à cette Audi S4. En ayant l'audace de proposer une voiture très bien conçue, propulsée par un moteur diesel performant et efficient, Audi nous démontre une nouvelle fois sa capacité à nous proposer des voitures qui donnent envie de conduire. Tout cela a un coût, certes, mais, selon nous, les versions S des Audi constituent un excellent compromis entre les versions standards et les versions RS très (trop) exclusives.

  • Design
  • Ambiance à bord
  • Conduite
  • Prix
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