August 03, 2020

Roadtrip Tesla Model X Grande Autonomie : Conduite sur grande distance

Si on pose la question à une personne aujourd’hui en lui demandant pourquoi elle ne passe pas à l’électrique, l’argument qui revient 9 fois sur 10 est le manque d’autonomie.

Alors oui quand les premières voitures électriques sont arrivées sur le marché français avec par exemple la Renault Zoe, il ne fallait pas trop compter sur une grande autonomie puisque cette dernière était limitée à 100km grand max en fonction du profil des routes empruntées.

Depuis, les constructeurs ont fait des progrès sur les moteurs, batteries pour repousser de plus en plus l’autonomie avec aujourd’hui une autonomie WLTP pour la Zoé annoncée à 395km et 340km pour la Peugeot e-208.

Bien évidemment Tesla a dès le début annoncé la couleur en 2012 en proposant une autonomie de 426km à l’époque ce qui était déjà énorme sur une Model S. Là où je veux en venir c’est qu’aujourd’hui, l’autonomie est le critère numéro un dans l’achat d’un véhicule (et c’est plutôt logique) sachant qu’un trajet moyen est estimé à 30km mais la peur de la panne sèche est omniprésente.

Donc on en revient à l’autonomie, critère numéro un, le constructeur va vous annoncer une valeur mais comme vous vous en doutez cela va dépendre du profil de route emprunté (ville, national, autoroute). C’est exactement pareil quand on parle d’une conso moyenne sur une voiture thermique, cela va dépendre de la route, en électrique c’est pareil.

Ce qu’il faut savoir c’est qu’un trajet de type autoroute est « le pire » trajet pour une voiture électrique..

Pourquoi ??

Comme vous le savez, sur ce genre de voiture, il est possible de réinjecter de l’énergie dans les batteries en roulant lorsque l’on lâche l’accélérateur. Si on respecte cette éco conduite et qu’on ne conduit pas comme un bœuf (freinages tardifs et accélération trop franche) on peut atteindre l’autonomie maximum de la voiture notamment en ville et sur national.

Oui mais sur autoroute les phases de décélérations se limitent aux :

  • freinages tardifs
  • Arrêts sur une aire de repos
  • Péages

Autant vous dire que ce genre de scénarios est assez rare, en gros on va demander aux moteurs électriques de fournir de l’énergie sans leur en donner et c’est pour cette raison que l’autoroute est le type de trajet qui va être le plus énergivore.

Pour aller de Paris à Nantes j’ai environ 384 km (principalement de l’autoroute).

Il est 18h je m’apprête à partir de la Porte de Versailles, le niveau de batterie m’indique 85%, je rentre ma destination dans l’énorme GPS de la voiture qui n’est autre que Google Maps. J’avais en amont vérifié sur le site de Tesla la faisabilité de mon trajet.

Le constructeur américain propose une page permettant de simuler un trajet, après avoir choisi le modèle de son véhicule, il vous donnera une estimation du temps de trajet avec chaque passage à un Superchargeur et combien de temps il sera nécessaire de s’arrêter. Petit bémol, sur cette page vous ne trouverez pas les « anciens » modèles Tesla (P85D, 100D…), selon Tesla France, cet outil est majoritairement utilisé par des acheteurs potentiels pour vérifier si l’achat d’une Tesla est compatible avec leurs trajets futurs.

Tesla m’avait indiqué un trajet de 4h9 min avec un passage au Superchargeur du Mans pendant 20 min comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessous.

A titre de comparaison, si j’avais utilisé une voiture thermique classique, mon trajet identique à ce que Tesla me propose est estimé par Google Maps à 3h39.

Sur une distance assez courte la « perte » de temps est négligeable mais par exemple sur un Paris – Monaco, le voyage en Tesla durera 12h (arrêts aux superchargeurs compris) pour 968 km contre 8h55 pour 951 km. Alors certes vous allez me dire que c’est énorme 3h de voyage en plus mais la préconisation de la sécurité routière est de faire une pause 30min mimum toutes les 2h.

Je vais arrondir à 4 pauses de 30 min pour 9h de route, ce qui nous fait 2h de pause sur ce trajet et qui nous amène à une durée de trajet de…12h ce qui est équivalent à la durée de voyage en Tesla 🙂

La où je veux en venir c’est que la majorité des gens vont penser que s’arrêter fait perdre du temps sur le voyage, quand on voit un trajet de 12h contre 9h en voiture thermique on peut se poser des questions mais je vous ai montré rapidement avec un petit calcul que c’est équivalent avec les pauses. Certains me diront qu’ils s’arrêtent moins, après c’est un autre débat mais je me suis basé sur du factuel.

Je reviens à mon trajet, parti à 18h de Paris, la voiture me signale qu’il faut s’arrêter au superchargeur du Mans, ce qui avait été prévu dans ma simulation de voyage. La durée de charge a été revue et me demande désormais de m’arrêter 25 min au lieu des 20 min initiale.

J’estime que ce changement est minime d’autant plus que les conditions de circulations n’étaient pas vraiment simples pour les batteries avec une température basse de 5°C, beaucoup de pluie/vent et de nuit, choses qui ne peuvent évidemment pas être prévues par le simulateur. La conduite sur autoroute est d’une simplicité déconcertante, mon modèle d’essai était bien équipé de l’Autopilot ( il est désormais de série) qui était simplement réduit au régulateur adaptatif (La conduite entièrement autonome reste une option). Petit reproche sur le régulateur qui freine très tôt lorsqu’une voiture ou un camion se rapproche mais Tesla France m’a indiqué que cela est dû à une demande récente de la régulation européenne. Etant donné que cette voiture est connecté constamment, elle peut recevoir des mise à jours régulièrement sur des améliorations mais aussi sur des bridages.

Je reviendrai sur les aides à la conduite dans un article dédié.

C’est complètement transparent pour le conducteur mais il faut savoir qu’à l’approche d’un superchargeur, la voiture va conditionner ses batteries pour que la recharge soit la plus efficace possible. Il fallait y penser et si je ne dis pas de bêtises c’est assez récent ce genre de pratique.

30 min avant l’arrêt aux Mans, j’ai pu voir que seulement 2 bornes étaient occupées sur les 12 disponibles. C’est plutôt pratique d’avoir ce genre d’informations surtout en période de pointe, cependant il n’est pas possible de « réserver » une borne à l’avance.

 

L’aire du superchargeur au Mans n’est malheureusement pas situé sur une aire d’autoroute, il a donc été nécessaire de sortir de l’autoroute pour la rejoindre. Après c’est très correct puisqu’il m’a fallu 5 min à partir du moment où j’ai quitté le péage pour la rejoindre ce qui est raisonnable.

Ce Superchargeur est situé sur le parking du centre commercial Auchan, ce qui permet donc d’aller se restaurer pendant que la voiture recharge.

Chose que j’ignorais avant que Tesla m’en notifie, chaque borne de superchargeur porte un identifiant (chiffre+lettre), si un véhicule est déjà branché sur une borne portant le même numéro par exemple, 1A et 1B se partageront la puissance et par conséquent un temps de chargement plus long.

Pour ma part je suis resté dans la voiture pour regarder un peu Netflix et observer comment la recharge allait se passer. En pic de recharge, la voiture fait un sacré bruit de refroidissement.

Le temps prévu initialement a été respecté, après une recharge de 20 min, la voiture est prête pour rallier ma destination sans « perdre » de temps à charger la voiture à 100%.

Je ne sais pas si c’est l’effet Tesla mais j’ai fais plus attention à ma vitesse qu’avec une voiture thermique. Il est légitime de se projeter et donc de se poser la quetion : Qu’est ce qui se passe si on a le pied trop lourd ? Etant donné que Tesla fait une estimation de votre rythme et vous fait recharger uniquement l’énergie besoin on peut penser qu’il faut absolument rester aux limitations. Alors la réponse est non, en réalité la voiture calcul constamment le nombre de km restant et le niveau de batterie, si a un moment la voiture détecte une vitesse inapproprié avec le niveau de batterie restant, le véhicule va vous en notifier pour évider la panne sèche mais elle ne bridera en aucun cas la voiture mais vous serez prévenu.

J’ai donc pu arriver à la fin de mon périple de 400 km en m’arrêtant une seule fois 20 min et en arrivant à la fin de mon parcours avec 10% de batterie. Je vous raconterai dans un prochain article les différents modes de recharge testés dont le mode « classique » sur la prise domestique 220V.

Restez donc connecté pour connaitre la suite des mes aventures 😉

 

 

 

Fondateur et Rédacteur en Chef AutoDay.fr

Laisser un commentaire