November 17, 2019

Le retour de la taxe au poids ?

Le mardi 15 octobre 2019, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié une note relative à la pollution globale engendrée par les SUV.

 

En 2010, 18% des ventes de voitures dans le monde concernaient des SUV. En 2018, c’était plus de 40%. Aujourd’hui, plus de 200 millions de SUV sont en circulation dans le monde. Ces véhicules identifiés comme plus gros, plus lourds et donc plus polluants auraient un impact non-négligeable sur le climat puisque, selon l’AIE, ces SUV ont été la deuxième source de croissance des émissions de CO2 entre 2010 et 2018, après le secteur de l’énergie, mais avant l’industrie lourde (y compris le fer et l’acier, le ciment, l’aluminium), les poids lourds, les avions ou les navires.

 

Ces constats alarmants suscitent tout de même beaucoup de questions : quels véhicules ont été considérés comme SUV ? On ne sait pas précisément. Quelle a été la méthode de calcul ou de mesure de l’AIE ? Pas plus d’info.

 

Cependant, il n’en fallait pas plus pour faire revenir sur les bancs de l’Assemblée nationale l’idée d’une taxation selon poids du véhicule. Une idée qui avait déjà était évoqué en juin dernier suite à la publication d’un rapport de France Stratégie (institution rattachée à Matignon).

A l’époque, M. Nicolas Meilhan, conseiller scientifique au sein de France Stratégie, indiquait que « On fait des gains d’efficacité des moteurs, on allège et on améliore l’aérodynamisme (…) c’est compensé par l’augmentation de la taille, du poids et de la puissance des voitures »

 

Pour l’instant, l’idée d’un malus au poids n’a pas abouti. Lors des discussions sur le projet de loi de finances 2020, les amendements déposés sur le malus au poids ont été presque tous rejetés. Et c’est vrai qu’il paraît bien compliqué de faire la différence entre l’automobiliste franciliens qui achètent un SUV par plaisir d’arpenter les routes d’Ile de France avec une position de conduite haute, et l’automobiliste savoyard ou pyrénéens qui a besoin d’un SUV pour rouler sur dans des conditions ou sur des revêtements dégradés (neige, boue, chemin, …).

 

En revanche, force est de constater que la mode des SUV a des effets pervers. D’une part, les clients en demandent donc les constructeurs en produisent et en proposent de plus en plus. Mais d’autre part, cet engouement pour les SUV contrarie les efforts des constructeurs pour rendre leurs véhicules moins polluants. En effet, un SUV sera plus complexe à électrifier qu’une berline car plus haut (moins bonne aérodynamique) et souvent plus lourd. Un SUV nécessite donc plus de matériaux à sa conception et les SUV hybrides rechargeables ou 100% électriques nécessiteront des batteries plus puissante donc … plus lourde.

 

Affaire à suivre donc.

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